« Allez » : cet exercice revêt un peu moins d’importance que les autres, mais il vous sera tout de même fort utile sur le terrain et dans la vie courante. Vous l’emploierez à la quête, au rapport, après le « down », etc. Le chien placé en position de « down » ou en position « assis », vous commandez « allez » du geste, le bras baissé le long du corps, la main partant en avant. Le plus efficace est de démarrer avec lui et de l’accompagner sur quelques mètres. Dès qu’il est assez loin, vous sifflez le rappel. Vous recommencez plusieurs fois en procédant toujours de même. Par la suite, vous l’accompagnez de moins en moins loin, pour rester finalement à votre place. Il existe une autre méthode, tout aussi valable. La position de départ est la même, « down » ou « assis », mais vous placez la récompense dans la main effectuant le geste de commandement. Vous donnez l’ordre « allez », et jetez la récompense à un ou deux mètres. Le chien ira la chercher très vite. Vous sifflez le rappel et recommencez l’exercice plusieurs fois, en jetant la récompense de plus en plus loin. Par la suite vous la supprimerez. Au bout d’un certain temps, le chien devra obéir au seul commandement, puis au geste.
Nous allons passer maintenant à un exercice aussi difficile que le « down », et tout aussi nécessaire : il s’agit de la « quête ».
Bien que certains dresseurs professionnels enseignent d’abord celle ci avant le down, pour ma part, j’aime mieux faire l’inverse, car la soumission du chien est alors plus facile à obtenir.
La « quête » : il s’agit d’un mot technique du vocabulaire des chasseurs et qui signifie rechercher le gibier.
Tout chien de chasse, de bonne origine, recherche naturellement le gibier, mais de façon tout à fait anarchique. Je vous en donne pour preuve la petite anecdote suivante.
J’ai acheté, il y a trois ans environ, une chienne adulte de race cocker, que je destinais à la reproduction. Elle avait jusqu’alors vécu en chenil, et par conséquent ne s’était jamais trouvée sur un terrain de chasse. Comme tous mes chiens, je l’emmenai, un jour, en promenade dans la région d’Orléans, quand soudain elle se précipita dans un vaste champ de maïs et se mit à l’explorer de long en large. Bientôt elle disparut de ma vue et ne répondit plus à mes appels. Je réussis encore à la localiser pendant un certain temps en voyant s’envoler le gibier. Finalement, je ne vis ni n’entendis plus rien. Au bout d’une heure, complètement désespérée, persuadée que ma chienne s’était sans le vouloir éloignée et qu’elle ne pourrait pas revenir, je décidai, le cœur serré, de partir. C’est alors que je la vis enfin arriver, toute mouillée, toute crottée, morte de fatigue, mais heureuse d’avoir accompli son travail de chien de chasse.
Si vous voulez vous épargner ce genre de mésaventure, vous devrez enseigner à votre chien une quête bien réglée. Dans une chasse très giboyeuse, vous pouvez avancer sans vraiment quêter, mais sur une vaste plaine et dans les bois où le gibier se fait plus rare, un bon chien mis à la « quête » vous sera très utile.
C’est d’ailleurs un travail magnifique à contempler, tant le chien y donne son maximum de courage et d’intelligence. Personnellement, lorsque je chasse, c’est la « quête » que je préfère et que j’attends avec le plus d’impatience. La valeur d’un chien de chasse se juge sur ses qualités naturelles, mais aussi sur l’efficacité de son travail de recherche. L’étendue de la « quête » s’appelle, en terme de métier, un lacet. Elle correspond à une distance, entre deux points extrêmes, sur une ligne horizontale, de dix, quinze ou vingt mètres.
Vous vous présentez dans le pré ou le champ, avec votre chien et votre sifflet. Le chien est mis au « down » dans le sens du vent, et doit conserver la position quelques minutes. (Le sens du vent revêtant une importance énorme, vous ne devez pas commettre d’erreur en plaçant votre chien.) Vous lui indiquez alors une direction et donnez le commandement « allez ». Les premières fois, il vous faudra démarrer avec lui et l’accompagner sur quelques mètres, puis le laisser continuer seul aussi loin que vous le désirerez. Lorsque vous jugerez la distance suffisante, vous sifflerez le rappel : deux coups brefs. Le chien reviendra vers vous. De nouveau vous l’accompagnerez en courant et en l’excitant (cherche, cherche, etc.) dans la direction opposée.
Vous recommencerez cet exercice plusieurs fois, en procédant toujours de la même façon : coups de sifflet, changement de direction, coups de sifflet, etc. Cinq ou six lacets de quelques mètres sont suffisants pour la première leçon, car il ne faut surtout pas « dégoûter » le chien. Vous pourrez, chaque jour, augmenter progressivement la durée des leçons, mais uniquement dans le cas où la phase précédente du travail a été comprise.
Ne punissez pas votre chien pendant cet exercice, mais en revanche récompensez-le largement. En fait, la « quête » doit être pour lui une passionnante promenade. Le chien ayant besoin de silence pour effectuer correctement ce travail, vous éviterez de faire du bruit, de parler ou de gesticuler. Profitez également de ces leçons pour répéter les exercices de « down », qui sont d’excellents assouplissements. Vous conserverez ainsi votre autorité sur votre chien et lui enseignerez à ne pas trop s’éloigner. Une quête, pour être efficace, ne doit pas dépasser dix huit à vingt mètres, puisqu’un gibier ne peut être tiré avec succès à plus de vingt cinq mètres.